Fiscalité

Taxe d’habitation sur les résidences secondaires : ces villes où la facture rapporte le plus

Si la taxe d’habitation a disparu pour les résidences principales, elle reste bien en vigueur pour les résidences secondaires. Et dans certaines communes françaises, cette fiscalité représente une manne financière considérable.

En 2024, les recettes issues de cette taxe se sont révélées particulièrement concentrées, au point que quelques villes captent à elles seules une part significative des montants collectés au niveau national.

Des recettes très concentrées sur une poignée de communes

Sur les quelque 4 milliards d’euros générés par la taxe d’habitation sur les résidences secondaires en 2024, près de 850 millions d’euros proviennent de seulement 25 communes.

Cette concentration illustre à la fois l’attractivité immobilière de certains territoires et le poids croissant des résidences secondaires dans les grandes villes et zones touristiques.

Paris largement en tête

Sans surprise, Paris domine largement le classement. La capitale concentre à elle seule 334 millions d’euros de recettes, soit un montant sans commune mesure avec les autres villes françaises.

Cette situation s’explique notamment par la forte présence de propriétaires étrangers, mais aussi par de nombreux Français conservant un pied-à-terre parisien après avoir déménagé en région.

Derrière Paris, le fossé est immense.

Nice et Cannes complètent le podium

En deuxième position, Nice affiche près de 63,8 millions d’euros de recettes issues de la taxe sur les résidences secondaires. Cannes arrive ensuite avec 44,2 millions d’euros.

Pourtant, les deux villes présentent un nombre relativement proche de logements concernés. La différence s’explique par un choix fiscal déterminant : Nice applique une majoration maximale, contrairement à Cannes.

La majoration, un levier fiscal décisif

Les communes ont la possibilité d’augmenter la taxe d’habitation sur les résidences secondaires via une surtaxe comprise entre 5 % et 60 %. Ce mécanisme joue un rôle clé dans les montants collectés.

Parmi les villes pouvant appliquer cette majoration, environ 40 % y ont recours, et près de deux tiers d’entre elles ont choisi le plafond maximal de 60 %.

Résultat : 436 millions d’euros supplémentaires ont été générés en 2024 grâce à cette seule surtaxe.

Entre attractivité touristique et équilibre économique

Toutes les communes ne font cependant pas le même choix. Les grandes métropoles comme Lyon, Marseille ou Bordeaux, qui disposent de sources de revenus variées, n’hésitent pas à appliquer la surtaxe maximale. À l’inverse, certaines stations balnéaires ou de montagne préfèrent rester prudentes.

L’objectif est clair : ne pas décourager les résidents saisonniers, dont la présence soutient fortement l’économie locale, notamment dans les secteurs du commerce, du tourisme et des services.

Une tendance à la hausse en 2025

Selon les dernières données disponibles, la part des communes appliquant une surtaxe continue de progresser. Elles sont désormais plus de 44 % en 2025, contre moins de 40 % un an plus tôt.

Une évolution qui touche principalement des ménages aisés et qui ne devrait pas bouleverser l’équilibre global de la fiscalité locale, mais qui confirme la montée en puissance de cette taxe comme outil budgétaire.

Une fiscalité appelée à rester sous surveillance

Entre besoins de financement des collectivités et préservation de l’attractivité résidentielle, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires reste un sujet sensible.

Dans un contexte de tension sur le logement et de recherche de nouvelles ressources fiscales, son rôle pourrait encore s’accentuer dans les années à venir.

Julien Varnel

Journaliste de profession, je m’intéresse aux grands enjeux économiques, fiscaux et financiers qui façonnent notre société. Passionné par les questions de retraite, d’investissement et de politique publique, j’ai à cœur de rendre l’information économique claire, rigoureuse et accessible à tous.

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