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Budget 2026 : la transformation de l’IFI relancée au Sénat, un tournant fiscal aux airs de déjà-vu, 2026 fera exception ?

L’idée revient chaque année, mais cette fois encore, elle fait sensation : en adoptant un amendement visant à remodeler en profondeur l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI), les sénateurs ont de nouveau mis la pression sur le gouvernement et ouvert un débat sensible sur la fiscalité du patrimoine.

Vendredi 28 novembre, la chambre haute a validé une contribution sur les hauts patrimoines qui allège notamment l’imposition d’une partie de l’immobilier. Une réforme ambitieuse… dont le coût, estimé à 600 millions d’euros, pourrait peser lourd dans le Budget 2026.

Un amendement qui change les règles du jeu

L’amendement adopté reprend l’esprit d’un dispositif voté quelques jours plus tôt à l’Assemblée : un « impôt sur la fortune improductive ».

Les Centristes, qui portent cette réforme depuis 2019, proposent de relever le seuil d’entrée dans l’imposition à 2,57 millions d’euros, contre 1,3 million actuellement.

L’objectif est clair : ne plus faire entrer dans l’IFI les ménages devenus imposables uniquement à cause de la flambée des prix de l’immobilier.

À noter que cette hausse de seuil est présentée comme une mesure d’équité, destinée à recentrer l’impôt sur les patrimoines les plus élevés.

Une nouvelle définition de la fortune… plus clémente avec l’immobilier

Le Sénat marque une rupture nette avec la philosophie actuelle de l’IFI. Pour les sénateurs, la taxation d’actifs « productifs » — c’est-à-dire participant à la croissance ou au logement — n’a plus lieu d’être.

L’investissement locatif, aujourd’hui pleinement comptabilisé dans l’IFI, serait ainsi exclu de l’assiette. Important : ils estiment que ces biens servent l’économie, car ils répondent aux besoins en logements et soutiennent l’activité immobilière.

À l’inverse, le nouveau dispositif élargirait la taxation à des actifs jusqu’ici épargnés : liquidités, comptes courants, assurances et livrets financiers, fonds monétaires, mais aussi objets précieux ou voitures de prestige.

Les sénateurs défendent l’idée d’une fiscalité recentrée sur les signes de richesse immédiats, et non sur les biens qui participent à « la vie économique réelle ».

Une mesure coûteuse pour l’État

Amélie de Montchalin, ministre déléguée aux Comptes publics, n’a pas caché ses réserves : le rendement de ce nouvel impôt serait inférieur d’environ 600 millions d’euros à celui de l’IFI dans sa version actuelle.

Attention : le produit de l’IFI dépasse aujourd’hui les deux milliards d’euros, et le gouvernement surveille de près toute modification susceptible de creuser davantage le déficit.

Pour le ministère, le débat n’est pas seulement idéologique ; il est budgétaire. Réduire l’assiette immobilière sans contrepartie solide pourrait fragiliser les recettes au moment même où l’État cherche à contenir la dépense publique.

Une réforme qui séduit au Sénat… mais résiste rarement à la navette

Même si l’amendement a été adopté avec enthousiasme par la majorité sénatoriale, il porte en lui un air de déjà-vu. Depuis 2019, cette même idée revient chaque année dans les débats du budget… pour finalement disparaître au cours des navettes parlementaires. Les semaines à venir diront si 2026 fera exception.

En attendant, le message du Sénat est limpide : l’IFI, tel qu’il existe aujourd’hui, ne correspond plus — selon eux — aux réalités économiques et patrimoniales du pays. Reste à voir si le gouvernement et l’Assemblée accepteront de transformer en profondeur l’un des symboles les plus sensibles de la fiscalité française.

Julien Varnel

Journaliste de profession, je m’intéresse aux grands enjeux économiques, fiscaux et financiers qui façonnent notre société. Passionné par les questions de retraite, d’investissement et de politique publique, j’ai à cœur de rendre l’information économique claire, rigoureuse et accessible à tous.

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