Immobilier

Impôts immobiliers : la DGFiP relance 2,5 millions de propriétaires pour leur déclaration

À l’occasion de la campagne annuelle de déclaration de revenus, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a lancé une vaste opération de relance visant les propriétaires immobiliers.

Près de 2,5 millions d’emails ont été envoyés fin mars afin de rappeler une obligation encore méconnue : la déclaration du statut d’occupation des biens immobiliers via la plateforme « Gérer mes biens immobiliers ».

Que vous soyez propriétaire d’une résidence principale, secondaire ou d’un bien locatif, vous êtes tenu de préciser la situation de votre logement au 1er janvier : occupé par vous-même, loué, ou vacant.

Cette démarche, désormais incontournable, s’inscrit dans le cadre de la réforme liée à la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales.

Une obligation simplifiée mais toujours surveillée

Après un lancement jugé « chaotique » en 2023 par la Cour des comptes, la procédure a été simplifiée. Désormais, les propriétaires ne doivent effectuer cette déclaration que s’il y a eu un changement au cours de l’année précédente.

Concrètement, pour l’année 2026, seuls les propriétaires ayant connu une modification en 2025 — changement de locataire, logement devenu vacant, nouvelle acquisition ou construction — doivent mettre à jour leurs informations avant le 30 juin 2026.

Malgré cette simplification, la DGFiP reste particulièrement vigilante. L’administration fiscale insiste sur l’importance de cette déclaration, essentielle pour éviter des erreurs d’imposition, comme celles observées lors de la première année de mise en place du dispositif.

Une stratégie de relance en deux temps

La campagne d’information déployée par la DGFiP s’est organisée en plusieurs phases. Dans un premier temps, mi-mars, plus de 300 000 multipropriétaires ont été contactés, notamment lorsque certains de leurs biens étaient identifiés comme étant sans occupant au 1er janvier 2026.

Dans un second temps, le 30 mars, une relance plus large a été envoyée à près de 2,2 millions de propriétaires. Cette communication ciblait notamment les nouveaux acquéreurs de biens immobiliers en 2025, les propriétaires de constructions récentes ainsi que les bailleurs.

Pour les contribuables n’ayant pas renseigné d’adresse email, des courriers papier sont également prévus dans les prochaines semaines, preuve de la volonté de l’administration de toucher l’ensemble des publics concernés.

Un enjeu fiscal et administratif majeur

Au-delà de la simple formalité administrative, cette déclaration joue un rôle clé dans le bon fonctionnement du système fiscal. Elle permet à l’administration de déterminer avec précision les logements soumis à certaines taxes, notamment sur les résidences secondaires ou les logements vacants.

Une mauvaise déclaration, ou une absence de mise à jour, peut entraîner des erreurs fiscales, voire des taxes injustifiées, comme cela a été le cas pour près d’un million de contribuables lors du lancement initial du dispositif.

Des inquiétudes sur la surcharge des démarches administratives

Si la DGFiP se veut rassurante quant à la fluidité du dispositif cette année, certaines voix restent prudentes. Sandra Demarcq, représentante du syndicat Solidaires Finances publiques, souligne qu’aucun engorgement majeur n’est attendu pour la déclaration des biens immobiliers.

Cependant, elle alerte sur un possible cumul de démarches administratives en 2026, notamment avec l’arrivée de la facturation électronique obligatoire pour les entreprises assujetties à la TVA dès le 1er septembre.

Cette nouvelle obligation pourrait concerner de nombreux auto-entrepreneurs, déjà mobilisés par leur déclaration de revenus.

Une vigilance accrue pour les propriétaires

Dans ce contexte, les propriétaires sont invités à vérifier attentivement leur situation et à s’assurer que les informations déclarées sur la plateforme « Gérer mes biens immobiliers » sont à jour.

Si la procédure a gagné en simplicité, elle n’en reste pas moins essentielle pour éviter toute mauvaise surprise fiscale. Cette campagne de relance massive témoigne d’ailleurs de l’importance stratégique de cet outil pour l’administration fiscale.

Julien Varnel

Journaliste de profession, je m’intéresse aux grands enjeux économiques, fiscaux et financiers qui façonnent notre société. Passionné par les questions de retraite, d’investissement et de politique publique, j’ai à cœur de rendre l’information économique claire, rigoureuse et accessible à tous.

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