PLFSS 2026 : L’Assemblée nationale valide de justesse le budget de la Sécurité sociale entre hausse des dépenses de santé, suspension de la réforme des retraites et tensions entre socialistes, écologistes et opposition
Mardi 9 décembre 2025, l’Assemblée nationale a voté en nouvelle lecture le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, dans un contexte politique particulièrement délicat.
Le résultat : 247 voix pour, 234 contre et 93 abstentions, traduisant la fragilité du consensus autour de ce texte crucial pour le système social français.
🏛️ À 13 voix près, l’Assemblée nationale vient d’adopter le pire budget de la Sécurité sociale depuis des années : 247 voix pour, 234 contre et 93 abstentions. Un texte arraché de justesse, au terme d’arrangements de dernière minute dont le seul objectif est de maintenir le… pic.twitter.com/ozPk6AbwP5
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Cette adoption intervient après plusieurs semaines de négociations, d’amendements et de tensions entre les différents groupes parlementaires.
🔴 DIRECT – Les députés ont approuvé mardi soir le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026, avec 247 voix pour, 234 contre et 93 abstentions. #canal16 pic.twitter.com/RcPdy67rTp
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Le texte, après un passage au Sénat prévu dès mercredi, reviendra pour une dernière lecture à l’Assemblée le 16 décembre, où les députés auront le dernier mot sur ce PLFSS.
Les principaux acteurs et leurs réactions
Le gouvernement se félicite du compromis
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a salué le vote comme une victoire du compromis politique.
Selon lui, le texte adopté n’est plus exactement celui du gouvernement, mais il reste un projet solide et protecteur, capable de prévenir tout dérapage financier de la Sécurité sociale.
Lecornu a cependant critiqué certaines oppositions systématiques, notamment La France insoumise et le Rassemblement national, qui ont voté contre, estimant que ces groupes privilégient le cynisme à l’intérêt général.
Le Parti socialiste joue l’« opposition utile »
Du côté du Parti socialiste, le président du groupe à l’Assemblée, Boris Vallaud, et le premier secrétaire, Olivier Faure, ont insisté sur l’importance de soutenir le texte dans l’intérêt des Français.
Vallaud a affirmé que le PS a choisi de voter pour éviter la brutalité du budget initial, tandis que Faure a souligné que cette victoire est surtout celle du Parlement et de la démocratie parlementaire.
Cette position a été critiquée par La France insoumise. Pour Mathilde Panot, la décision des socialistes de soutenir le gouvernement confirme un changement d’alliance, qui permettrait selon elle à Emmanuel Macron de voir passer un budget « cruel » pour certains Français.
L’opposition de droite et des écologistes
Le patron du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, a dénoncé un budget « pas bon pour la France », bien que 18 députés LR aient voté en sa faveur.
Le groupe Ecologiste et social, quant à lui, a décidé majoritairement de s’abstenir lors du vote final, après avoir obtenu que l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) soit relevé à 3 % au lieu de 2 %.
Pour Cyrielle Chatelain, présidente du groupe, ce compromis garantit aux soignants un financement suffisant et protège le pouvoir d’achat des plus précaires.
Budget de la Sécu: « Si j’écoutais mon cœur et si j’écoutais mes tripes, je voterais contre ce texte », déclare Cyrielle Chatelain, présidente du groupe (Écologiste et Social) pic.twitter.com/zNojEUNNzZ
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Les points clés du PLFSS 2026
Suspension de la réforme des retraites
Le projet de budget contient la suspension de l’emblématique réforme des retraites, l’une des mesures les plus controversées des dernières années.
Cette décision a été intégrée à la partie « dépenses » du PLFSS, largement adoptée avec 227 voix pour et 86 contre.
Hausse des dépenses d’assurance-maladie
Un amendement gouvernemental, soutenu par les écologistes, a relevé l’ONDAM à 3 %, permettant de financer les priorités du système de santé.
Cette hausse assure le maintien des moyens des hôpitaux et des soignants tout en respectant la trajectoire de réformes structurelles pour la pérennité de la Sécurité sociale.
Article 24 sur les tarifs médicaux
L’article 24, qui visait à permettre à l’Assurance-maladie de réviser certains tarifs médicaux, a été retiré par le gouvernement après l’opposition de plusieurs députés et syndicats de médecins libéraux.
Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a annoncé qu’il serait retravaillé pour être présenté ultérieurement. L’article initial avait suscité une vague de colère et un risque de grève parmi les professions libérales.
Autres mesures phares
- Nouveau congé de naissance pour les parents, afin de renforcer l’égalité et le soutien aux familles.
- Hausse de la CSG sur les revenus du capital, prévue dans le texte pour financer certaines dépenses sociales.
- Maintien de prestations sociales et pensions, limitant les impacts négatifs sur le pouvoir d’achat des plus précaires.
Les votes et positions des groupes parlementaires
| Groupe | Position |
|---|---|
| Ensemble pour la République | Pour |
| Parti socialiste et apparentés | Pour |
| La France insoumise | Contre |
| Rassemblement national | Contre |
| Union des droites pour la République (UDR) | Contre |
| Droite républicaine | Abstention |
| Ecologiste et social | Abstention majoritaire |
| Les Démocrates | Pour |
| Horizons & Indépendants | Abstention |
| LIOT | Majorité pour |
| Gauche démocrate et républicaine | Majorité contre / certains s’abstiennent |
Cette répartition montre la fracture politique autour du PLFSS, avec un vote de justesse reflétant les compromis nécessaires pour faire passer le budget.
Ma position sur le budget de la Sécurité sociale 👇 pic.twitter.com/MCiCR3FeA3
— Guillaume Kasbarian (@guillaumekasba) December 9, 2025
Une lecture finale attendue avec tension
Après le passage au Sénat, le texte reviendra pour une dernière lecture à l’Assemblée le 16 décembre 2025.
Les députés pourront alors intégrer certaines modifications votées par le Sénat, mais le gouvernement devra rester vigilant : le vote final promet d’être tout aussi serré que celui de mardi.
Le PLFSS 2026 illustre la complexité de l’équilibre entre dépenses sociales, réformes structurelles et arbitrages politiques, dans un contexte où le financement de la santé et la protection sociale restent au centre des débats nationaux.



