Retraités : ce que le maintien de l’abattement change réellement pour vos impôts en 2026

L’examen du budget 2026 à l’Assemblée nationale aura été marqué par une journée particulièrement mouvementée.
Entre décisions symboliques, votes inattendus et inquiétudes sur l’état des finances sociales, les députés ont enchaîné les prises de position, dessinant un paysage politique fragmenté où chaque vote peut faire basculer l’équilibre.
Retour sur une séance dense, révélatrice des tensions qui accompagnent ce projet de loi de finances.
L’abattement fiscal des retraités finalement maintenu
C’était l’un des points les plus sensibles du texte : le gouvernement souhaitait remplacer l’abattement de 10 % appliqué aux pensions de retraite par un forfait fixe de 2 000 euros. Une mesure présentée comme plus équitable, mais qui a immédiatement suscité un rejet massif sur les bancs de l’hémicycle.
✅ Grâce au @RNational_off, la suppression de l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités a été rejetée. Cette mesure aurait pénalisé des milliers de retraités, notamment les plus modestes.
Nous avons défendu leur pouvoir d’achat. #Budget2026 pic.twitter.com/6uxoliStBE
— Groupe Rassemblement National (@groupeRN_off) November 13, 2025
Résultat : une suppression nette du dispositif proposé, avec 213 voix contre 17. Une alliance étonnante – gauche, RN-UDR et députés Les Républicains – a mis à terre l’un des leviers budgétaires souhaités par l’exécutif.
Je salue la décision claire et nette de l’Assemblée nationale de maintenir l’abattement fiscal de 10 % pour nos retraités.
Avec 213 voix contre 17, ce vote envoie un signal important : celui de la reconnaissance et du respect envers celles et ceux qui ont travaillé toute leur… pic.twitter.com/HMeC2ZaGew
— KARL OLIVE (@KARLOLIVE) November 13, 2025
Cette décision prive l’État d’un rendement attendu d’environ 1,2 milliard d’euros, un manque à gagner non négligeable à l’heure où les finances publiques sont déjà sous tension.
Ultramarins mobilisés et niches fiscales maintenues
Autre bataille, autre revers : la tentative du gouvernement de réduire l’avantage fiscal dont bénéficient les entreprises situées dans les territoires ultramarins. La mesure visait à recentrer ces aides sur les investissements considérés comme écologiquement vertueux.
Elle a été rejetée à une quasi-unanimité (242 voix contre 1) après une mobilisation intense des députés ultramarins, soulignant l’importance de ces dispositifs pour soutenir un tissu économique déjà fragilisé par des défaillances croissantes d’entreprises.
Une inquiétude grandissante : un déficit de la Sécurité sociale qui s’envole
Le ministre des Transports Jean-Pierre Farandou avoue être « inquiet du déficit de la Sécurité sociale » pic.twitter.com/ejgR7qyi4g
— BFMTV (@BFMTV) November 14, 2025
Alors que la première lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale vient de s’achever, un chiffre fait réagir : le déficit pourrait atteindre 24 milliards d’euros en 2026, selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.

Ce montant est supérieur à celui prévu pour 2025, et surtout bien au-delà des objectifs initiaux. Le creusement s’explique par :
- des économies difficiles à faire adopter,
- des recettes supplémentaires revues à la baisse,
- plusieurs suppressions de mesures d’ajustement lors des débats parlementaires.
Selon le rapporteur de la commission des affaires sociales, les amendements adoptés ont même aggravé le déficit de 6,8 milliards d’euros.
L’Union européenne, les impôts, les entreprises : d’autres votes marquants
La journée a également été ponctuée de plusieurs décisions importantes :
- Validation de la contribution française au budget de l’Union européenne, qui atteindra près de 28,8 milliards d’euros en 2026.
- Suppression de l’article 8 sur la réduction d’impôt Madelin, pourtant défendu par le gouvernement. Un vote qualifié de « folie » par certains ministres, avant qu’une seconde délibération soit immédiatement réclamée.
- Approbation d’un nouveau “congé de naissance”, permettant aux parents de bénéficier de deux mois supplémentaires chacun.
Ces décisions illustrent le caractère imprévisible d’une Assemblée éclatée, où les alliances se font et se défont à chaque discussion.
Un calendrier compressé et un vote encore incertain
Alors que plus de 2 100 amendements doivent encore être examinés pour la partie « recettes », le vote prévu le 17 novembre n’est pas garanti.
Le calendrier constitutionnel impose toutefois une échéance ferme : le texte doit être transmis au Sénat avant le 23 novembre à minuit. Un délai qui met la majorité sous pression et oblige tous les groupes à accélérer un rythme déjà intense.
Une bataille budgétaire loin d’être terminée
Entre choix fiscaux contestés, mesures réécrites et inquiétudes sur l’équilibre des comptes sociaux, le budget 2026 s’annonce comme l’un des plus difficiles à harmoniser depuis le début du quinquennat.
La suite dépendra autant des compromis politiques que de la capacité du gouvernement à préserver ses priorités sans déclencher de crise parlementaire.
En résumé en 24h :
-Rejet de la réforme de l’abattement fiscal des retraités
-Rejet du gel des prestations sociales et des retraites
-suspension de la réforme des retraites
On devait faire des économies et finalement les vannes sont plus ouvertes que jamais.
Catastrophique… https://t.co/C5NFpgyvKa— Sᴏɴɢsᴀ (@Songsa93) November 13, 2025



