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Soins à domicile : le décret qui bouleverse le suivi médical des personnes âgées

L’accès aux soins des personnes âgées connaît un tournant majeur avec la publication d’un décret fin décembre 2025. Longtemps dépendants d’une prescription médicale pour le moindre acte, les patients et en particulier les seniors vont désormais pouvoir s’appuyer directement sur les infirmier(e)s pour de nombreux besoins de santé courants.

Cette réforme structurelle redéfinit en profondeur le rôle des infirmiers, tout en répondant à une urgence sanitaire : le vieillissement de la population et la pénurie de médecins dans de nombreux territoires.

Un accès direct aux infirmiers pour désengorger le système de soins

Le décret n°2025-1306 du 24 décembre 2025, publié au Journal officiel le 26 décembre, met fin à un principe historique du système de santé français : l’obligation systématique de passer par un médecin pour consulter un infirmier. Désormais, les infirmiers libéraux peuvent être consultés directement, sans ordonnance préalable, pour des actes relevant de leur champ de compétences.


Cette évolution concerne des situations fréquentes dans la vie des personnes âgées : prévention, suivi clinique, éducation à la santé ou surveillance de pathologies stabilisées. Pour les seniors vivant à domicile, souvent confrontés à des délais de rendez-vous longs ou à l’absence de médecin traitant, cette mesure représente un gain de temps et une continuité de soins renforcée.

Dans les zones rurales ou les déserts médicaux, l’infirmier devient ainsi un point d’entrée de proximité dans le parcours de soins, capable d’évaluer une situation, d’agir rapidement et d’orienter vers un médecin si nécessaire.

La consultation infirmière devient un acte reconnu

Le texte introduit officiellement la notion de « consultation infirmière », jusqu’alors inexistante dans les textes réglementaires. Cette consultation ne se limite pas à un geste technique : elle repose sur une évaluation globale de l’état de santé du patient, prenant en compte ses antécédents, son autonomie, son environnement et ses habitudes de vie.

 

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L’infirmier peut désormais poser un « diagnostic infirmier », c’est-à-dire identifier des besoins de santé dans son domaine d’intervention, puis élaborer un projet de soins personnalisé. Pour les personnes âgées, cette reconnaissance est essentielle, notamment dans le maintien de l’autonomie, la prévention de la perte fonctionnelle et l’accompagnement des situations de dépendance.

Le décret insiste également sur le rôle des infirmiers dans l’évaluation et le soulagement de la douleur, y compris en fin de vie, ainsi que dans le soutien psychologique. La capacité à repérer des situations de maltraitance ou de souffrance psychique est aussi formellement intégrée à leurs missions.

Plaies, vaccination, prévention : ce que l’infirmier peut faire sans ordonnance

La réforme élargit concrètement la liste des actes réalisables sans prescription médicale préalable. Les soins des plaies simples et des brûlures légères peuvent désormais être pris en charge directement par un infirmier, depuis l’évaluation jusqu’au suivi de l’évolution.

La vaccination constitue un autre volet majeur du décret. Les infirmiers peuvent administrer sans ordonnance tous les vaccins obligatoires à partir de 11 ans, ainsi que les vaccins contre la grippe et le Covid-19 dès l’âge de 5 ans, hors patients immunodéprimés. Pour les seniors, souvent ciblés par les campagnes de vaccination, cette simplification facilite la prévention et améliore la couverture vaccinale.

Les infirmiers sont également autorisés à concevoir et mener des actions de prévention des chutes, enjeu central du vieillissement, ainsi qu’à assurer le suivi clinique de maladies chroniques dans le cadre de leur rôle propre. Le décret prévoit en outre un droit de prescription pour certains produits de santé et examens complémentaires, dont la liste sera précisée par arrêté.

Un levier clé pour le maintien à domicile et les EHPAD

Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement du rôle infirmier auprès des personnes âgées. En septembre 2025, un autre décret avait déjà officialisé la fonction d’infirmier coordonnateur en EHPAD, chargé de structurer les équipes soignantes et d’améliorer la qualité du suivi.

À domicile, l’infirmier libéral devient un acteur central du parcours de soins des seniors fragiles, notamment après une hospitalisation ou dans le suivi des pathologies chroniques. Sa présence régulière permet une détection plus précoce des complications et une meilleure coordination avec les autres professionnels de santé.

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a présenté cette réforme comme une reconnaissance des pratiques réelles des infirmiers et une sécurisation juridique de leur rôle. Le dispositif devra être pleinement opérationnel au plus tard le 30 juin 2026, après publication des arrêtés d’application et des modalités de financement.

Julien Varnel

Journaliste de profession, je m’intéresse aux grands enjeux économiques, fiscaux et financiers qui façonnent notre société. Passionné par les questions de retraite, d’investissement et de politique publique, j’ai à cœur de rendre l’information économique claire, rigoureuse et accessible à tous.

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