Taxe foncière 2026 : 7,4 millions de logements concernés par une hausse automatique

Une réforme discrète mais significative se prépare pour la taxe foncière dès 2026, et elle pourrait faire grimper la facture de millions de propriétaires. Le ministère de l’Économie souhaite actualiser le calcul de cet impôt en tenant compte de tous les éléments de confort des logements, ce qui n’a pas été fait pour certains depuis plusieurs décennies.
Entre revalorisation automatique et mise à jour des critères de confort, les propriétaires doivent se préparer à des hausses parfois inattendues. Voici ce qu’il faut retenir pour anticiper l’impact sur votre budget.
Une refonte du calcul basée sur les éléments de confort
Le ministère de l’Économie a décidé de mettre à jour les fichiers de logements qui n’avaient pas été réévalués depuis 50 ans.
Cette mise à jour intègre tous les « critères de confort » : raccordement à l’eau et à l’électricité, baignoire, douche, lavabo, WC, chauffage ou climatisation.
💳Pourquoi la taxe foncière va-t-elle augmenter en 2026 ?
🏡La taxe foncière va augmenter pour 7,4 millions de logements en 2026, soit 23% des Français qui paient cette taxe.#LeMorningRMC pic.twitter.com/BoUwg6BNpQ
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En pratique, cela signifie qu’un logement disposant de l’eau courante verra sa superficie théorique augmenter de 4 m², et 5 m² supplémentaires seront ajoutés pour une baignoire.
Cette hausse de superficie appliquée au calcul de la taxe foncière se traduira par une augmentation moyenne de 63 euros par foyer pour les 7,4 millions de logements concernés, soit un quart des maisons et 15 % des appartements en métropole.
Électricité, baignoire, climatiseur.. La taxe foncière pourrait flamber pour 7,4 millions de logements en 2026 pic.twitter.com/qZmDmwAvAz
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Pour le ministère, il s’agit avant tout d’une question d’équité : les propriétaires doivent contribuer selon le niveau de confort réel de leur logement.
Une revalorisation qui s’ajoute aux hausses automatiques
La taxe foncière est également réévaluée chaque année en fonction de l’inflation, via les valeurs locatives cadastrales.
Entre 2014 et 2024, cette revalorisation automatique a fait augmenter les taxes de 37,3 % en moyenne dans les grandes villes, avec des hausses notables : +7,1 % en 2023, +3,9 % en 2024 et +1,7 % en 2025.
Pour 2026, la progression attendue est d’environ 1 %, portant le montant moyen à 1 102 euros par propriétaire, contre 1 034 euros en 2023.
Combinée à la révision des critères de confort, cette mise à jour pourrait alourdir considérablement la note pour de nombreux foyers.
Impact sur les propriétaires : maisons anciennes et zones rurales en première ligne
Les logements anciens ou sous-évalués, particulièrement en zone rurale, seront les plus touchés.
Certaines disparités territoriales sont importantes : en Haute-Corse, 60 % des logements seront réévalués, contre 25 % à Paris et seulement 10 % dans les Pays de la Loire ou en Isère.
Sophie, 42 ans, enseignante : « J’habite une maison ancienne en zone rurale. Je pensais à une hausse modérée, mais avec cette réforme, je vais payer beaucoup plus que prévu. Mon budget est déjà serré. »
Les propriétaires pourront contester l’augmentation si leur logement n’est pas réellement équipé des installations prises en compte par l’administration.
Toutefois, pour beaucoup, la combinaison de la revalorisation automatique et de la mise à jour des critères de confort se traduira par une hausse notable, particulièrement pour les ménages modestes et les détenteurs de résidences secondaires.
Des inégalités renforcées et des risques pour les foyers vulnérables
Cette réforme risque d’accentuer les inégalités entre propriétaires. Les logements anciens, peu modernisés ou situés en zones rurales supporteront une charge plus lourde, alors que les ménages à faibles revenus auront peu de moyens pour améliorer leur logement.
L’absence d’information systématique de l’administration sur cette réévaluation expose de nombreux propriétaires à des hausses inattendues.
Pour les foyers les plus fragiles, cela pourrait compliquer le paiement de la taxe foncière, voire entraîner des situations d’endettement.



