Retraite

Vous avez plus de 55 ans et plus d’emploi ? Voici ce que vous pouvez encore faire… et pourquoi vous n’êtes pas seuls

À 55 ou 60 ans, ils ne sont ni à la retraite, ni vraiment au chômage « classique ». Ils sont surtout devenus invisibles. Invisibles aux yeux des recruteurs, des politiques, parfois même de leurs proches. Trop jeunes pour toucher une pension, trop vieux pour être embauchés.

Ces femmes et ces hommes appartiennent à une catégorie que l’on évoque peu : les NER, pour Ni en Emploi, Ni en Retraite.

Derrière cet acronyme froid se cache une réalité bien plus brutale : une génération entière coincée dans un angle mort du système.

Une réalité qui touche plus de monde qu’on ne le croit

En France, plus d’un adulte sur cinq entre 55 et 61 ans se retrouve aujourd’hui sans emploi, sans pension, et souvent sans perspective claire.

Des profils pourtant expérimentés, parfois très qualifiés, qui ont travaillé toute leur vie et se retrouvent soudain mis à l’écart. L’âge devient un frein silencieux, rarement assumé, mais omniprésent dans les décisions de recrutement.

Le paradoxe est cruel : alors que l’âge légal de départ à la retraite recule, l’accès à l’emploi, lui, se ferme de plus en plus tôt. Résultat : certains doivent patienter près de dix ans avant de pouvoir partir à la retraite à taux plein, sans véritable filet de sécurité.

« J’ai 55 ans, j’ai l’énergie… mais plus aucune porte ouverte »

Le témoignage de Gwenaëlle Chauvin, communicante de 55 ans, a marqué les esprits. Après l’envoi de près de 1 500 CV sans décrocher le moindre entretien, elle finit par publier un message désabusé sur LinkedIn : « Voilà, c’est fini. Je rentre chez maman à 55 ans, en Bretagne. »

Son message devient viral. Non pas par voyeurisme, mais parce qu’il résonne. Parce qu’il dit tout haut ce que des milliers de seniors vivent tout bas. La fin d’un contrat ou un licenciement tardif peut suffire à faire basculer une carrière entière dans l’impasse.

Quand la spirale s’installe, sans bruit

Au départ, beaucoup y croient encore. Ils pensent rebondir, activer leur réseau, valoriser leur expérience. Puis les semaines passent. Les réponses se font rares, voire inexistantes. Les silences remplacent les refus. Le téléphone ne sonne plus.

Progressivement, le doute s’installe, suivi de la honte. Les proches ne comprennent pas toujours. « Avec ton expérience, tu vas retrouver », entend-on souvent. Mais la réalité est tout autre.

Lorsque les droits au chômage s’épuisent, le choc est brutal. Certains doivent vendre leur voiture, renoncer à leur logement, retourner vivre chez un parent âgé. Les économies fondent, les aides sociales ne suffisent pas toujours à combler le vide.

Des parcours solides, soudainement disqualifiés

Contrairement aux idées reçues, les NER ne sont pas des profils « dépassés ». On y trouve d’anciens cadres, des techniciens qualifiés, des indépendants, des professionnels de la communication, de la tech ou de l’industrie.

Des femmes et des hommes qui ont su évoluer, se former, s’adapter… jusqu’au moment où l’âge devient un marqueur négatif.

Les femmes sont particulièrement exposées. Car aux discriminations liées à l’âge s’ajoutent souvent des carrières hachées, des temps partiels imposés, des interruptions liées à la maternité. Autant de facteurs qui fragilisent encore davantage leur situation à l’approche de la soixantaine.

Alors concrètement, que pouvez-vous faire après 55 ans quand plus personne ne vous embauche ?

Concrètement, après 55 ans sans emploi, il ne s’agit plus d’attendre qu’un recruteur rappelle, mais de changer de stratégie.

Sécuriser d’abord ses droits (chômage, retraite, aides existantes), puis sortir du recrutement classique qui exclut massivement les seniors, pour se tourner vers des formes de travail plus accessibles : missions ponctuelles, portage salarial, activité indépendante, transmission de compétences ou temps partiel.

S’appuyer sur des réseaux d’entraide, rompre l’isolement et accepter que cette période n’est pas un échec personnel mais une transition imposée permet de reprendre le contrôle.


Vous n’êtes pas seuls : cette situation touche des millions de personnes, et c’est précisément en le comprenant que l’on cesse de subir pour commencer à reconstruire.

Julien Varnel

Journaliste de profession, je m’intéresse aux grands enjeux économiques, fiscaux et financiers qui façonnent notre société. Passionné par les questions de retraite, d’investissement et de politique publique, j’ai à cœur de rendre l’information économique claire, rigoureuse et accessible à tous.

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